En bref
Frontalier salarié en Suisse, votre arrêt maladie est indemnisé par la Suisse, pas par la Sécurité sociale française, même si vous êtes à la CMU. Si votre employeur a souscrit une assurance perte de gain maladie, vous touchez en général 80 % de votre salaire pendant 720 jours au maximum sur 900 jours. Sans cette assurance, l’employeur doit seulement maintenir votre salaire quelques semaines, selon votre ancienneté. Après deux ans, seule l’invalidité peut prendre le relais : rente AI plafonnée à 2 520 CHF par mois en 2026, et rente LPP selon votre caisse. Indépendant, vous n’avez aucune couverture obligatoire.
Qui vous paie pendant un arrêt maladie en Suisse ?
Votre salaire dépend du droit suisse, puisque c’est en Suisse que vous travaillez. Que vous ayez choisi la LAMal ou la CMU, ce sont votre employeur et son assureur qui compensent votre perte de salaire. La CMU ou la LAMal, elles, ne remboursent que vos frais de soins.
Deux situations se présentent, selon que votre employeur a souscrit ou non une assurance perte de gain maladie, aussi appelée assurance d’indemnités journalières (APG ou IJM).
Votre employeur a une assurance perte de gain
C’est le cas le plus fréquent. L’assurance verse en général 80 % de votre salaire pendant 720 jours au maximum sur une période de 900 jours. Le contrat peut prévoir un délai d’attente, pendant lequel votre employeur continue de vous payer. Certaines maladies peuvent être exclues si vous avez rempli un questionnaire de santé à l’embauche : demandez les conditions générales à votre service RH.
Votre employeur n’a pas d’assurance perte de gain
L’employeur doit alors maintenir votre salaire pendant une durée limitée, qui dépend de votre ancienneté : 3 semaines la première année, puis une durée plus longue calculée selon des barèmes cantonaux (échelles bernoise, bâloise ou zurichoise). Au-delà, vous ne touchez plus rien. C’est un vrai risque si votre arrêt dure plusieurs mois.
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Maladie ou accident : deux régimes très différents
En Suisse, l’accident est bien mieux protégé que la maladie. Tout salarié qui travaille au moins 8 heures par semaine est couvert par l’assurance accidents obligatoire (LAA), y compris pour les accidents de la vie privée. Elle verse 80 % du salaire assuré dès le troisième jour, jusqu’à la guérison ou jusqu’à une rente d’invalidité.
| Maladie | Accident | |
|---|---|---|
| Assurance | Perte de gain de l’employeur, facultative | LAA, obligatoire |
| Indemnité | 80 % du salaire en général | 80 % du salaire assuré |
| Durée | 720 jours au maximum | Jusqu’à la guérison ou la rente |
| Sans assurance | Salaire maintenu quelques semaines seulement | Toujours couvert |
Que se passe-t-il après 720 jours ?
Les indemnités journalières s’arrêtent. Si vous ne pouvez toujours pas travailler, vous pouvez demander une rente d’invalidité :
- Rente AI : versée si votre incapacité a duré au moins un an et qu’il reste au moins 40 % d’invalidité, avec trois années de cotisations. Elle est plafonnée à 2 520 CHF par mois en 2026. Déposez la demande tôt : le droit naît au plus tôt six mois après.
- Rente LPP : versée par votre caisse de pension, selon son règlement. Son montant varie beaucoup d’un employeur à l’autre.
Pour un salaire confortable, l’écart avec vos revenus habituels peut être important. C’est précisément ce qu’une prévoyance complémentaire permet de combler.
Puis-je être licencié pendant mon arrêt maladie ?
Le droit suisse vous protège contre le licenciement pendant une période limitée, qui dépend de votre ancienneté : 30 jours la première année, 90 jours de la deuxième à la cinquième année, 180 jours à partir de la sixième. Après cette période, votre employeur peut vous licencier. Si votre perte de gain est un contrat collectif, elle s’arrête en principe avec votre contrat de travail, sauf passage en assurance individuelle, souvent coûteux.
Les démarches quand vous êtes arrêté
- Consultez un médecin, en France ou en Suisse selon votre régime, et demandez un certificat médical d’arrêt de travail.
- Envoyez-le rapidement à votre employeur suisse : c’est lui qui déclare le sinistre à son assurance perte de gain.
- Si votre arrêt se prolonge, déposez une demande auprès de l’AI dès que possible, sans attendre la fin des 720 jours.
Indépendant en Suisse : attention, rien n’est automatique
Un indépendant n’a aucune assurance perte de gain obligatoire. Sa LAMal doit inclure la couverture accident, mais elle rembourse les frais de soins, pas le revenu. Sans contrat, une maladie longue peut vous priver de tout revenu. Une prévoyance française souscrite à votre nom indemnise l’arrêt de travail pendant deux ans, puis l’invalidité jusqu’à la retraite, avec des cotisations en général plus basses qu’une perte de gain individuelle suisse.
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Questions fréquentes
La CMU me verse-t-elle des indemnités journalières ?
Non. Même affilié à la CMU, un frontalier salarié en Suisse est indemnisé par son employeur suisse ou son assurance perte de gain. La CMU ne prend en charge que vos frais de soins.
Combien de temps suis-je payé en arrêt maladie ?
Avec une assurance perte de gain, en général 80 % de votre salaire pendant 720 jours au maximum sur 900 jours. Sans assurance, votre employeur maintient votre salaire quelques semaines selon votre ancienneté : 3 semaines la première année.
Que se passe-t-il si je suis malade plus de deux ans ?
Les indemnités s’arrêtent. Vous pouvez demander une rente AI si l’invalidité atteint au moins 40 % après un an d’incapacité, plafonnée à 2 520 CHF par mois en 2026, et une rente LPP selon votre caisse de pension.
Un accident est-il mieux couvert qu’une maladie ?
Oui. L’assurance accidents obligatoire (LAA) verse 80 % du salaire assuré dès le troisième jour, jusqu’à la guérison ou une rente d’invalidité, y compris pour un accident de la vie privée si vous travaillez au moins 8 heures par semaine.
Je suis indépendant, suis-je couvert en cas de maladie ?
Pas automatiquement : aucune perte de gain n’est obligatoire. Une prévoyance française peut indemniser votre arrêt de travail puis votre invalidité jusqu’à la retraite.
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Article rédigé par Florent Schittulli, courtier indépendant spécialiste des frontaliers suisses depuis plus de 13 ans (Stratégie Future, ORIAS 23 003 102). Mon parcours
